Skip to main content
Back to news
Actualités

Lancement du réseau de solidarité pour la démocratie en Afrique de l’ouest (WADEMOS) et conférence sur la lutte conte les menaces à la démocratie en Afrique de l’ouest

12 octobre 2022

Share

Accra (Kempinski Hotel), 14-16 Septembre 2022

  • Résumé

Sur invitation du CDD Ghana (Ghana Center for Democratic Development), chef de file du réseau Wademos, Maurice THANTAN, membre de la Core Team, chargé de projet Démocratie et gouvernance et point focal d’AfricTivistes au Bénin, a pris part à la cérémonie de lancement dudit réseau ainsi qu’à la conférence sur le thème « La lutte contre les menaces à la démocratie en Afrique de l’Ouest » qui l’a suivi. Les deux événements ont eu lieu du 14 au 16 septembre 2022 à Accra au Ghana.

  • Réunion des membres fondateurs du réseau Wademos

Le 14 septembre, les membres fondateurs du Réseau ouest africain de solidarité pour la démocratie se sont réunis pour valider les statuts de l’organisation. Mais avant, les responsables du CDD Ghana ont pris la peine de rappeler le contexte historique du Wademos. Il faut en retenir que l’idée de la mise en place d’une telle initiative a été suscitée par le constat global d’un recul général des acquis démocratiques dans la sous-région. Celui-ci est caractérisé par les gouvernements militaires, les velléités de dépassement des limitations de mandats, le rétrécissement de l’espace civique et la montée de l’extrémisme religieux, entre autres.

  • Conférence Jour 1

Le 15 septembre s’est ouvert la Conférence sur la lutte contre les menaces à la démocratie en Afrique de l’Ouest. Elle marque la première activité phare et grand public du réseau Wademos. Ainsi, son démarrage a été précédé de la cérémone officielle de lancement du réseau proprement dit. Cette séquence a duré une demie-journée ponctuée d’allocutions de différentes personnalités. Etaient présents ou représentés, Prof. Kuassi Prempeh, directeur exécutif du Wademos, du représentant résident de la Cedeao au Ghana, du représentant du ministère ghanéen des affaires étrangères, de la représentante de l’Agence suédoise pour le développement international et d’autres.

La conférence proprement dite a démarré en début d’après-midi avec un premier panel intitulé « Mise en contexte : l’état de la démocratie en Afrique de l’Ouest. » Étaient invités sur ce panel, Dr Aderemi Ajibewa, directeur des affaires politiques de la Cedeao, Barrister Ebere Ifendu, président du Forum international des femmes et Dr Aliou Barry, directeur exécutif de Stat View International. Le panel modéré par Austin Aigbe Chargé de programme au sein du CDD West Africa avait pour principal intervenant Dr Boniface Dulani, directeur des sondages au sein de Afrobaromètres.

  • Conférence Jour 2

Le 16 septembre 2022 était le second et dernier jour de la conférence. Une série de trois panels de discussion ont eu lieu durant le cours de la journée.

« Conflit, paix et menaces sécuritaires en Afrique de l’Ouest », était le titre du premier panel de cette journée. Il a été animé par Dr Fredline M. Cormack Hale (Institute for Governance Reform), William Lifongo (United Nations Office for West Africa and the Sahel) et Mariam Diallo Drame (Femme Leadership et Developpement Durable -Mali). Dr Festus Aubin était le principal intervenant et le panel a été modéré par Omolora Balogun de Wacsi.

Le troisième panel de discussion a porté sur le thème « Examen des réponses de la CEDEAO au programme de limitation du mandat présidentiel et aux transitions politiques en Afrique de l’Ouest ». Le professeur Kwasi Prempeh (CDD-Ghana), Marcella Samba (National Election Watch – Sierra Leone), le professeur David Dosseh (Front citoyen Togo debout) ont opiné sur le sujet. Le panel a été modéré par Dr Kodjo Asante (CDD-Ghana) et avait pour principal intervenant Dr Aderemi Ajibewa (Cedeao).

Enfin, un dernier panel a porté sur le sujet « Réponses des OSC et des citoyens au recul démocratique en Afrique de l’Ouest ». Les panélistes de cette séquence étaient Maurice Thantan (Africtivistes) et Oumar Mboup (Jammi Gox Yi – Sénégal). Omolara Balogoun était l’intervenant principal sur le sujet. Kathleen Ndongmo en a assuré la modération.

Il faut signaler que tous les panels ont fait l’objet de discussions en plénières au cours de laquelle le public a apporté sa participation en termes de contributions et de questions posées aux intervenants.

  • Participation au panel « Réponses des OSC et des citoyens au recul démocratique en Afrique de l’Ouest »

Comme indiqué dans le panel précédent, en tant que représentant d’Africtivistes à cet événement, Maurice Thantan a eu l’opportunité de prendre la parole en tant que panéliste lors de la quatrième discussion. Conformément aux orientations de la mission et en se basant sur l’expérience d’Africtivistes, l’intervention s’est faite en trois volets après une mise en contexte global.

Contexte

Il a d’abord été rappelé que l’élément de contexte que les divers intervenants ont manqué de signaler depuis le début de la conférence est le fait que les chefs d’Etat de la sous-région commencent de plus en plus à assumer le recul démocratique dans leurs pays respectifs. Il a ensuite été dit que la forte jeunesse caractéristique de la sous-région représente à la fois une chance et une menace selon les orientations et les offres démocratiques qui seront faites par les dirigeants d’aujourd’hui et de demain.

De la nécessité d’innovation globale

La société civile doit totalement renouveler sa façon de penser les mouvements sociaux, le plaidoyer en faveur de la démocratie dans la région. Les actions qui ont fonctionné au début des années 1990 fonctionnent moins en 2022 et seront moins efficaces les années à venir. Non seulement, les régimes ont appris de ces manières de faire mais aussi la technologie a évolué et les nouveaux acteurs sur le terrain ont besoin d’être touchés par d’autres formules.

En la matière, les Civic Tech sont une alternative très sérieuse à prendre en compte et AfricTivistes a une grande expérience à partager sur ce sujet.

La solidarité pour défendre les libertés de presse et d’expression

Le recul démocratique dans la sous-région va de pair avec le recul de la liberté de presse et celle d’expression résultant du rétrécissement de l’espace civique. La plupart des pays de la sous-région ont reculé dans les classements relatifs à la liberté de presse et connaissent de violentes répressions de manifestants y compris des coupures d’Internet en période critique comme durant les élections.

Ces faits qui tendent à devenir monnaie courante doivent être combattus par le soutien aux médias et dans le cadre d’une solidarité agissante au sein de la société civile.

L’éducation de la jeunesse

En Afrique, les jeunes de moins de 35 ans représentent environ 70% de la population. Ils constituent donc une chance si les pouvoirs publics arrivent à satisfaire leur demande de droits socio-économiques mais surtout leur demande de bonne gouvernance qui va de pair avec une démocratie vitale. Cette jeunesse représente aussi un potentiel danger dans le contexte de la montée des extrémismes violents si les jeunes sont victimes de l’injustice sociale qui résulte de la mauvaise gouvernance qu’entraîne le recul de la démocratie.

Il revient à la société civile de faciliter le passage de la jeunesse dans le bon côté des choses. Cela doit passer par l’intensification des actions de formation et de sensibilisation à l’endroit des jeunes. En la matière, AfricTivistes a développé un MOOC sur la Charte africaine sur la démocratie, les élections et la gouvernance. C’est une expérience qui pourra intensifier dans le cadre du Wademos.

Related articles