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FIMI au Sénégal : comprendre et agir contre la manipulation de l’information !

6 octobre 2025

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Le 2 octobre 2025, AfricTivistes a présenté à Dakar un rapport de recherche consacré à la manipulation et à l’ingérence étrangère par le biais de l’information (FIMI) au Sénégal. Cette étude a pour objectif d’analyser les dynamiques de manipulation informationnelle et d’ingérence étrangère et de formuler des recommandations destinées à renforcer la résilience démocratique du pays.

Dans un environnement numérique où la désinformation devient une arme d’influence, AfricTivistes s’engage à contribuer au renforcement de la résilience démocratique des pays africains face aux phénomènes de manipulation et d’ingérence étrangère par le biais de l’information (FIMI). 

Dans son allocution d’ouverture, M. Cyriac Gbogou, Vice-président de AfricTivistes, a rappelé l’importance de ce travail, réalisée en partenariat avec International IDEA,  dans un contexte marqué par la multiplication des fausses informations et des campagnes coordonnées de désinformation.

« La circulation de fausses informations, les campagnes coordonnées de désinformation et l’ingérence étrangère par le biais de l’information représentent des menaces réelles pour nos démocraties, surtout en période électorale », a-t-il déclaré.

Bien que le Sénégal bénéficie d’une tradition démocratique et ait été classé en 2021 comme le pays le plus résilient d’Afrique de l’Ouest face aux FIMI, il demeure vulnérable face à la polarisation politique, à la fragilité économique des médias et à l’essor des réseaux sociaux comme outils d’influence.

Réalisé en utilisant la méthodologie développée par International IDEA, ce rapport constitue la première étude approfondie sur les FIMI dans le contexte sénégalais. Il propose :

  • une cartographie des acteurs et des méthodes employées,
  • une analyse des vulnérabilités structurelles,
  • des recommandations pour renforcer la résilience démocratique.

Selon M. Gbogou, ce document est à la fois un outil de plaidoyer et un levier d’action pour l’ensemble des acteurs concernés : pouvoirs publics, médias, plateformes numériques, société civile et secteur privé.

Plusieurs personnalités ont enrichi la présentation par leurs allocutions. M. Maurice Mboula Enguéléguélé, Conseiller Senior Afrique de l’Ouest à International IDEA, a replacé l’étude dans le cadre du projet régional de lutte contre la manipulation et l’ingérence informationnelle dans les élections mis en œuvre au sein de l’équipe Numérisation et Démocratie de International IDEA.  

Bien que l’étude a débuté avec le Sénégal en Afrique, d’autres pays africains suivront selon. Enguéléguélé, Responsable principal de programme à International IDEA :

Nous espérons poursuivre l’implémentation de ce projet en 2026 et 2027. Les prochaines étapes visent à développer des capacités analytiques de la société civile à travers des ateliers et des dialogues politiques afin de favoriser des échanges constructifs entre les autorités nationales et les organisations de la société civile.”

Clôturant son discours en remerciant AfricTivistes pour le travail “ acharné et les précieux efforts déployés tout au long de la réalisation de ce rapport, M. Enguéléguélé a annoncé l’ouverture prochaine d’un bureau International IDEA au Sénégal.

Intervenant au nom des partenaires de AfricTivistes lors de la cérémonie de présentation, M. Bilal Tairou, Coordinateur en chef de l’African Fact-Checking Alliance de Code for Africa a souligné la nécessité d’une “ large diffusion du rapport afin de sensibiliser le grand public sur cet enjeu de notre époque. “

Clôturant les allocutions, M. Amadou Kanouté, Chef de la Division Presse et Information au Ministère de la Communication, des télécommunications et du numérique, a réaffirmé l’engagement de l’État sénégalais à accompagner toute initiative visant à combattre la manipulation de l’information. “ Nous avons la responsabilité partagée de garantir que notre espace informationnel reste libre, sûr, fiable et respectueux des principes démocratiques.” a-t-il souligné.  

A la suite des interventions préliminaires, le résumé exécutif du rapport FIMI a été présenté par Aisha Dabo, coordinatrice des programmes à AfricTivistes et co-autrice du rapport avec le président Cheikh Fall. Mme Dabo, est revenue sur les points saillants du rapport pour donner de la matière aux discussions qui suivront. 

La deuxième partie de la conférence a été marquée par la keynote de M. Adama Sow, journaliste et membre de la Commission des Données Personnelles (CDP), intitulée « Souveraineté informationnelle et démocratie : bâtir une réponse sénégalaise face aux ingérences du XXIe siècle ».

Il a insisté sur la nécessité pour le Sénégal de développer une stratégie nationale fondée sur la vigilance citoyenne afin de contrer les manipulations souvent invisibles orchestrées par des acteurs étrangers. 

Le clou de la journée est le panel d’experts qui a permis d’approfondir la réflexion. Modéré par le journaliste Adama Sow, il a vu la participation de M. Sebastian Becker Castellaro, de International IDEA qui a rappelé l’importance de replacer les FIMI dans le contexte des héritages coloniaux qui influencent encore les dynamiques médiatiques en Afrique.

Pour sa part, M. Papa Ismaïla Dieng (membre-fondateur de AfricTivistes) a plaidé pour une réponse collective panafricaine et une politique commune face aux géants du numérique. Pour lui, chaque pays africain, isolé ne peut pas peser face aux mastodontes du numérique. 

Dr Sylla Sow, un des contributeurs du rapport, a souligné les limites du cadre juridique sénégalais face à l’ingérence étrangère et à la manipulation de l’information. Il estime que les lois actuelles sont incomplètes et mal adaptées aux nouvelles formes d’ingérence qui se développent avec le numérique.

La présentation officielle du rapport  a réuni des acteurs institutionnels, de la société civile, des médias et des partenaires techniques autour d’une conviction partagée : la lutte contre la manipulation et l’ingérence informationnelle exige une mobilisation collective et intersectorielle. Elle fait suite à un atelier de validation qui s’est tenu en août dernier en présence des représentants de la société civile, des autorités publiques, des régulateurs, des chercheurs et des médias.

À travers cette étude, AfricTivistes apporte une contribution essentielle au débat sur les FIMI et réaffirme son engagement à défendre l’intégrité de l’information. Condition indispensable à la préservation de la démocratie et à la souveraineté numérique au Sénégal comme en Afrique.

Pour rappel, l’initiative FIMI s’inscrit dans un programme régional visant à analyser les vulnérabilités des écosystèmes informationnels, à outiller les acteurs nationaux et à promouvoir une gouvernance de l’information transparente et souveraine. Après plusieurs études menées en Afrique de l’Ouest, le Sénégal a été retenu comme cas pilote pour l’élaboration d’un rapport analytique approfondi sur la question.

Télécharger le rapport :

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