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Droits numériques, femmes journalistes, espace civique : une journée sur tous les fronts à la CADHP

14 octobre 2026

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14 octobre 2026

Au troisième jour de la 89ᵉ Session ordinaire de la CADHP, AfricTivistes a porté la voix de ses communautés dans plusieurs rencontres à Dakar : un panel sur les technologies émergentes et les droits humains, le lancement d’un rapport sur les violences faites aux femmes journalistes et défenseures, et des échanges sur la situation des journalistes au Sahel. La veille, en plénière, une déclaration conjointe de WACSI et AfricTivistes alertait sur la judiciarisation de l’espace civique en Afrique de l’Ouest.

Droits numériques : un sujet à part entière

Organisé par AfricanDefenders et DefendDefenders, le panel « Technologies émergentes et droits humains en Afrique » a abordé les droits numériques, l’intelligence artificielle, la surveillance numérique et la protection des libertés fondamentales. En ouverture, Joseph Bikanda, de AfricanDefenders, a posé le constat : « Il nous est impossible de vivre sans la technologie. » D’où la nécessité d’encadrer ses usages pour prévenir les risques pour les droits humains.

Intervenant au nom de AfricTivistes, Aisha Dabo a plaidé pour que les droits numériques ne soient plus traités à la marge : « Les droits numériques ne devraient jamais être un simple point ou un paragraphe des rapports sur les droits humains. Ils doivent être considérés en tant que tels et traités comme un sujet à part entière. »

Elle a formulé une recommandation concrète : que la Commission crée un cadre permanent chargé du suivi des droits numériques, qui produise un rapport périodique sur leur état dans les États membres. Elle a aussi rappelé que la régulation ne peut pas être seulement répressive : « Il faut aussi des garanties qui protègent les utilisateurs du numérique et tous les citoyens en ligne. » Et parce que « tout va très vite en ligne », la régulation et la protection doivent s’adapter à cette vitesse.

Ibrahima Kane, avocat et défenseur des droits de l’homme, a insisté sur un principe : « Collecter les données doit toujours être conforme à la loi. »

Protéger les femmes journalistes et défenseures des droits humains

Dans la matinée, AfricTivistes a pris part au lancement du rapport sur les violences basées sur le genre à l’égard des femmes journalistes et des femmes défenseures des droits humains au Bénin et au Sénégal. Organisé par Avocats sans frontières Canada dans le cadre du projet RÉCIT, l’atelier a présenté les principaux constats et recommandations du rapport. Prévention, protection et accès à la justice étaient au cœur des échanges, pour un environnement plus sûr permettant aux femmes journalistes et défenseures d’exercer leurs droits et libertés.

Journalistes du Sahel : des témoins réduits au silence

La situation des journalistes au Sahel a aussi marqué la journée. Un journaliste burkinabè contraint à l’exil a témoigné : « Lorsqu’une mémoire collective s’efface, c’est toute une population que l’on prive de son droit à l’information. Quand les journalistes sont contraints à l’exil, ce ne sont pas seulement des voix qui s’éloignent, mais aussi des témoins essentiels de notre histoire qui se taisent. »

Un journaliste malien, lui aussi en exil, a décrit le harcèlement en ligne qu’il subit : « Avec l’avènement des réseaux sociaux, les menaces de mort et les intimidations sont devenues notre quotidien. Je suis traqué chaque jour. Chaque matin, je me réveille en découvrant mes photos diffusées sur les réseaux sociaux, souvent accompagnées de menaces et de tentatives d’intimidation. » Pour lui, l’enjeu dépasse sa personne : « c’est la liberté de la presse, la sécurité des journalistes et le droit d’informer qui sont menacés. »

Ces préoccupations rejoignent celles de la consultation citoyenne panafricaine de AfricTivistes, toujours ouverte aux contributions. Elles seront au cœur des deux prochaines rencontres co-organisées par AfricTivistes : la protection des jeunes femmes dans les mouvements sociaux, ce jeudi 15 octobre, et l’espace civique sous pression au Sahel et en Afrique de l’Ouest, vendredi 16 octobre.

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