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Actualités

Création d’un Centre de Ressource contre le rétrécissement de l’ espace civique

13 mai 2022

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Les OSC outillés contre l’affaiblissement de la démocratie en Afrique de l’Ouest

L’Institut de la Société Civile de l’Afrique de l’Ouest (WACSI)  et ses partenaires, Spaces for Change (Nigeria) et la Fondation Ford, ont lancé le jeudi 12 mai 2022 un projet quinquennal dénommé “Centre de Ressource de la Société Civile contre le rétrécissement de l’ espace civique”. Cette initiative a pour objectif d’offrir une série d’aides techniques et institutionnelles aux organisations de la société civile qui travaillent à l’expansion de l’espace civique en Afrique de l’Ouest, en particulier au Ghana, au Sénégal et au Nigeria. AfricTivistes a été invitée à cette rencontre pour parler de l’évolution de l’environnement de l’espace civique et des déficiences stratégiques de la société civile sénégalaise.

“Renforcer les capacités et la résilience de la société civile pour étendre l’espace civique et la consolidation démocratique en Afrique de l’Ouest.” Tel est le thème du webinaire organisé le jeudi 12 mai 2022 par l’Institut de la Société Civile de l’Afrique de l’Ouest (WACSI)  et ses partenaires, Spaces for Change (Nigeria) et la Fondation Ford. Ainsi, il a été lancé officiellement le centre de ressources de la société civile contre le rétrécissement de l’espace civique (une initiative de WACSI/S4C/Ford Foundation). Un projet qui vient en réponse aux restrictions croissantes de l’espace civique et à l’affaiblissement de la démocratie en Afrique de l’Ouest. 

En plus de dévoiler officiellement la plateforme – et communiquer son objectif, son engagement et ses attentes à toutes les parties prenantes et au public, le webinaire a permis de discuter sur l’évolution rapide de l’espace civique face aux renversements démocratiques émergents et de son impact sur les opérations, la croissance et la durabilité de la société civile en Afrique de l’Ouest. Il a été aussi mis en évidence les déficits (et les besoins) stratégiques de la société civile en matière de capacités pour faire face aux restrictions de l’espace civique, notamment dans des domaines tels que le cadre réglementaire, le développement organisationnel, les ressources et la sécurité numérique.

Cette initiative régionale vise à fournir un soutien en termes de capacités aux organisations de la société civile confrontées à l’état débilitant de l’espace civique en Afrique de l’Ouest. Ce projet quinquennal fournira également les capacités nécessaires à des OSC sélectionnées au Ghana, au Nigeria et au Sénégal, tout en répondant aux questions régionales pertinentes concernant l’espace civique et l’environnement favorable. 

Le Ghana et le Cap-Vert, seuls pays classés libres en Afrique de l’Ouest

A l’occasion, AfricTivistes, représentée par sa coordinatrice Aisha Dabo, s’est prononcé spécifiquement sur le cas du Sénégal lors du panel réservé à l’Évolution de l’environnement de l’espace civique et les déficiences stratégiques de la société civile. 

Toujours est-il que selon les organisateurs du webinaire, globalement, la recrudescence des attaques contre l’espace civique, le recul croissant de la démocratie et le retour apparent des prises de pouvoir illibérales et anticonstitutionnelles dans la région ne sont pas de bon augure pour la santé de notre démocratie naissante et le développement durable. A les en croire, la situation actuelle nécessite une société civile plus coordonnée, avec la capacité requise pour répondre à ces restrictions, repousser les récits sur la fermeture de l’espace civique, et faire progresser la gouvernance démocratique en Afrique de l’Ouest.

Dans plusieurs pays de la région, soulignent-ils, les libertés démocratiques sont de plus en plus bafouées, les gouvernements répriment la dissidence et écrasent les manifestations, et de nombreuses personnes ont payé le prix ultime de la mort pour avoir défendu les droits et les libertés – ce qui ne fait qu’exacerber une démocratie déjà affaiblie et une nouvelle vague de prises de pouvoir illibérales et anticonstitutionnelles. Rien que l’année dernière, des juntes militaires ont usurpé le pouvoir à des gouvernements démocratiques dans des pays d’Afrique de l’Ouest comme le Burkina Faso, la Guinée et le Mali, suscitant des inquiétudes quant au respect des libertés fondamentales par des dirigeants non civils et non démocratiques. 

Il a également été constaté pour le déplorer que dans toute l’Afrique de l’Ouest, seul l’État insulaire du Cap-Vert est classé ouvert selon CIVICUS Monitor. Citant aussi le rapport 2020 de Freedom House sur la liberté dans le monde, il a été relevé qu’au total, 22 pays africains ont enregistré une baisse de leur score. Parmi les 12 baisses les plus importantes au niveau mondial, 5 nations d’Afrique de l’Ouest – le Bénin, le Burkina Faso, la Guinée, le Mali et le Nigeria – figurent sur la liste des renversements notables de la gouvernance démocratique dans la région.

Non sans informer en définitive qu’en l’espace de deux décennies, la situation s’est encore détériorée. Par exemple, en 2020, d’autres pays de la région – le Bénin, le Mali et le Sénégal – ont quitté la liste des pays libres, ne laissant que le Ghana et le Cap-Vert ; le Mali est classé comme non libre ; et les autres pays restants sont classés comme partiellement libres. Cette tendance montre que les pays de la CEDEAO semblent tous se diriger vers des États partiellement libres (un peu comme une zone grise).

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